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Les fortes chaleurs s'étendent, 61 départements en vigilance orange
information fournie par AFP 06/07/2026 à 19:55

Une touriste se protège du soleil avec un parapluie devant la basilique du Sacré-Cœur à Paris, le 6 juillet 2026, lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / Blanca CRUZ )

Une touriste se protège du soleil avec un parapluie devant la basilique du Sacré-Cœur à Paris, le 6 juillet 2026, lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / Blanca CRUZ )

Pour la troisième fois en six semaines, la France est confrontée à une flambée du mercure, avec les trois quarts du pays en vigilance canicule mardi, quelques jours seulement après une vague de chaleur historique.

Ces températures s'accompagnent d'un "danger de feux persistant" selon Météo-France, alors que des centaines de pompiers luttent toujours contre l'incendie, "stabilisé" mais "pas complétement fixé" selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a entraîné l'évacuation de 10.000 personnes dans les Pyrénées-Orientales.

Au plus chaud de la journée, 40,8°C ont été relevés à Moules-et-Baucels (Hérault) et 40,7°C à Pissos (Landes), 38,8°C à Bordeaux et 38°C à Nantes.

La chaleur va "gagner du terrain vers le nord et l'est" mardi, selon Météo-France qui a étendu la vigilance orange à 61 départements, du Finistère à la Savoie en passant par Paris – dix autres sont en jaune.

La dernière vague de chaleur a fait suffoquer des millions de personnes à la fin du mois de juin, le plus chaud jamais enregistré dans le pays après une canicule déjà inédite en mai.

Comparaison des vagues de chaleur de 1983, 2003 et 2026, d'après les données de Météo-France ( AFP / Sabrina BLANCHARD )

Comparaison des vagues de chaleur de 1983, 2003 et 2026, d'après les données de Météo-France ( AFP / Sabrina BLANCHARD )

La France en a connu une cinquantaine depuis 1947, dont la moitié depuis 2010, signe d'une fréquence accrue de ces phénomènes.

À Mont-de-Marsan, la chaleur fait "souffrir en silence" Monique, 82 ans. "Mon jardin dépérit, mes arbres crament", confie-t-elle à l'AFP. "On est en Andalousie, pas dans les Landes", sourit-elle. "Mais il va falloir qu'on s'habitue, ça va être de pire en pire, on le voit ces dernières années."

"C'est horrible", lance un SDF de 33 ans sur un trottoir de Bordeaux. Habitué des parkings souterrains pour se protéger de la chaleur, il espère pouvoir se payer une auberge de jeunesse, "où il y a la clim".

Motion de censure

Les machines sont aussi mises à mal : dans une supérette bordelaise, la porte automatique, qui a "disjoncté" après "un coup de chaud", est grande ouverte et les linéaires réfrigérés en panne depuis une semaine, explique la gérante qui a également perdu le compresseur d'un groupe frigorifique. "On attend qu'ils le remplacent mais les réparateurs sont surchargés."

Des ouvriers font une pause sur un chantier de nivellement de chaussée à Bordeaux, le 6 juillet 2026 en Gironde, lors d'une nouvelle vague de chaleur en France ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Des ouvriers font une pause sur un chantier de nivellement de chaussée à Bordeaux, le 6 juillet 2026 en Gironde, lors d'une nouvelle vague de chaleur en France ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Ce nouvel épisode de chaleur risque d'être "intense et durable", même si les modèles divergent davantage cette fois-ci, souligne le prévisionniste Thibault Corouge.

Ces épisodes répétés ont conduit les députés écologistes à déposer une motion de censure contre le gouvernement Lecornu, auquel ils reprochent d'avoir "aggravé" les "vulnérabilités du pays" face au changement climatique. Elle a été largement repoussée lundi à l'Assemblée.

Des critiques virulentes avaient émergé dans l'opposition, le mois dernier, contre la lenteur des investissements nécessaires à l'adaptation des écoles ou hôpitaux. Le gouvernement a défendu son bilan, avec la création du Fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales, mais dont les dotations ont été lentement réduites.

Dans une tribune publiée lundi par le journal Le Monde, plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, ont réclamé "une loi d'urgence climatique" face à ce qu'ils qualifient d'"emprise de l'industrie fossile", responsable du réchauffement climatique à l'origine de la multiplication des vagues de chaleur.

Les  canicules à répétition sont  un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.

Sécheresse

Certains secteurs comme la santé sont particulièrement vulnérables aux fortes températures. Pour Nicolas Revel, directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP), la situation justifie "de rester en alerte", tandis que le nombre de lits ouverts sera réduit pendant les vacances.

Un thermomètre de pharmacie affiche une température de 33°C à Bordeaux, en Gironde, lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

Un thermomètre de pharmacie affiche une température de 33°C à Bordeaux, en Gironde, lors d'une vague de chaleur en France ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a maintenu le niveau 3 du plan Orsan, le plus élevé pour la mobilisation sanitaire, qui avait été activé le 25 juin.

Durant la semaine torride du 22 juin, le nombre de décès a augmenté de 30%, touchant en majorité des personnes âgées vivant à domicile, selon l'agence Santé publique France.

La sécheresse qui frappe certains départements affecte les activités agricoles. "Le cumul d'inondations au printemps, de canicules particulièrement précoces (…) rend les choses inédites", a déclaré lundi le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. "L'Occitanie a des rendements catastrophiques. Les Deux-Sèvres et les Charentes ont des résultats extrêmement médiocres", a poursuivi le patron du syndicat d'exploitants, évoquant une hécatombe dans des élevages de volailles.

Les cultures sont également exposées aux incendies, dont le risque est jugé "très élevé" mardi dans trois départements (Deux-Sèvres, Vaucluse et l'Essonne).

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